[Review] Inferno, la dernière nuit du Disco : plongée dans les années 70 au théâtre Bobino !

★ ★ ★

Sortez les pantalons patte d’éph, bottes à paillettes et blouses à sequin, le disco renait de ses cendres au théâtre Bobino avec Inferno, la dernière nuit du Disco. La comédie musicale nous plonge dans l’effervescence d’un club disco de la fin des années 1970, avec une mise en scène et des chorégraphies de Cécile Chaduteau et une direction musicale de Christophe Jambois.

Carmen, reine des nuits sulfureuses, accueille tous les soirs des centaines de personnes triées sur le volet dans son club l’INFERNO, temple de la fête. Bianca, une jeune danseuse à l’avenir brillant pénètre dans cet univers qui lui est inconnu et qui va changer sa vie. Dans un tourbillon de danse et de musique live, venez découvrir une histoire de famille, de pouvoir et de vengeance.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’ambiance est instaurée dès lors que nous entrons dans le théâtre – ou le club, pour l’occasion. Drags qui déambulent, rideaux lamés, playlist disco à souhait… Tous les ingrédients sont réunis pour nous immerger dans cet univers torride et passionnant. Et dès les premières notes, il semble difficile pour le public de ne pas s’agiter sur son siège ou de ne pas remuer les épaules au rythme des plus grands classiques disco qui constituent la colonne vertébrale du spectacle. Diana Ross, les Bee-Gees, Stevie Wonder, Michael Jackson ou encore Kool and the Gang, ils se sont tous donné rendez-vous sur la scène de Bobino.

La musique est définitivement l’un des atouts de ce spectacle : le live-band est incroyablement talentueux et donne le rythme, le tout réhaussé par quatre chanteurs à la voix puissante. Ca décoiffe et leur énergie est infectieuse et nous donne envie de nous déhancher ! Bravo à Kim Melville, Jean Brice Ardenne, Key Meh et Albertine Awana Ebode qui amènent ce groove et cette puissance au spectacle. Bravo également aux danseurs qui sont le cœur battant du show. Pendant près de deux heures, ils viennent raviver les belles heures du disco avec des chorégraphies impeccables et presque immersives. On adore particulièrement l’émouvant duo contemporain de Bianca et Steven et le tableau sous psychotropes, tout en sensualité et en liberté.

Si côté mise en scène, ça brille, ça chante et ça danse, du côté de l’histoire et de la trame narrative, ça pêche sérieusement. Le début de l’intrigue est pourtant prometteur avec ce drame qui nous captive tout de suite grâce à ce voice-over mystérieux. Mais la faute aux longues pauses musicales entre chaque saynète, on perd vite le fil de l’histoire et les intentions de chaque personnage sont parfois difficile à cerner. Le personnage de Bianca, par exemple, ne nous semble pas assez développé et le combat qu’elle mène pour la vérité manque de cohérence dans l’ensemble. Dommage, on aurait aimé en voir beaucoup plus de ce côté là et finalement, on pourrait se passer allégrement de l’histoire pour profiter pleinement de l’ambiance disco !

Pourtant, les personnages ont du potentiel. Steven, interprété  tout en extravagance par Pierre Antoine brunet, est attachant et nous fait rire à chaque apparition sur scène.  Mike, par Marc Bouttin, est sympathique et charismatique, bien qu’un poil caricatural avec ce franglish un peu forcé. En l’ingénue Bianca, Andie Masazza est parfaite, mais n’a malheureusement pas assez de matière pour pleinement exploiter ce rôle. En tout cas, c’est une danseuse gracieuse et remarquable qui nous envoute en seulement quelques pas de danse. On retient aussi sa battle de danse avec le personnage de Marianne, interprété par Albertine Awana Ebode. C’est captivant ! Enfin, c’est Carmen Maria Vega qui signe le rôle titre. Une artiste complète qui en impose assez naturellement. On sent toute l’expérience de cette figure du cabaret et du monde du spectacle, qui n’a pas besoin d’en faire trop pour nous proposer une maitresse de maison convaincante !

En bref, Inferno, la dernière nuit du Disco est un spectacle qui nous en met plein la vue avec ses explosions de couleur, de sonorités et de talents très bien travaillés. Malheureusement, le manque de cohérence dans l’histoire et le fait qu’elle soit très décousue nous laisse terriblement sur notre faim et ne nous permet pas de profiter pleinement des traits d’humour ou de l’émotion qui pourrait en transpirer. Dommage car la puissance et la richesse de la musique aurait pu donner encore plus de force à la narration ! C’est festif, fédérateur et on passe tout de même un super moment au rythme de Earth Wind and Fire et Queen.

Inferno, la dernière nuit du Disco au théâtre Bobino jusqu’au 24 janvier 2027.

Leave a Reply