[Interview] Benoit Solès : “Le Fantôme a une existence dans nos cœurs et notre imaginaire, ça suffit pour y croire !”

Auteur, comédien, metteur en scène… Benoit Solès enchaîne les projets en étant à l’affiche du thriller “Killer Joe” au théâtre de l’Œuvre et en signant le livret du Fantôme de l’Opéra à l’affiche du théâtre Antoine dès le 22 octobre. Rencontre avec cet hyperactif du spectacle pour parler de son processus d’écriture, de ses inspirations et de cette nouvelle création en français de l’histoire de Gaston Leroux. 

Les répétitions ont commencé pour Le Fantôme de l’Opéra, au Théâtre Antoine. Comment ça se passe ? Le livret prend-il vie comme tu l’avais imaginé ? 

Tout à fait ! À l’origine de ce spectacle, il y a deux artistes, Domitille Duforest et Marc Demay, qui sont très impliqués dans le spectacle. D’abord en tant que producteur, mais aussi en tant qu’artistes puisque Domitille signe les costumes et Marc la musique. Quand ils m’ont demandé d’écrire ce livret, on visait un jeune public. Et quand j’ai commencé à écrire l’adaptation et le livret, j’ai senti que ça se révélait être un spectacle grand public. C’est ce qui nous amène aujourd’hui à jouer le spectacle à 19h au Théâtre Antoine ! 

C’est aussi important de rappeler que ce n’est pas une adaptation française du spectacle d’Andrew Lloyd Webber, mais une adaptation totalement originale, basée sur le roman. Beaucoup oublient d’ailleurs qu’il y a eu un roman français écrit par Gaston Leroux. Je l’ai fortement adapté en recentrant l’histoire sur les personnages principaux et en faisant tenir toute l’intrigue en une seule soirée : le soir de la première de ce fameux opéra que M. Firmin a volé au Fantôme. C’est un spectacle qui durera 1h20 mais dans lequel on retrouvera tous les marqueurs importants que le public attend du Fantôme de l’Opéra : la scène sur les toits, dans le lac, la chute du lustre…  

Mais c’est un spectacle français, monté par des Français et adapté par un Français. C’est évidemment très émouvant de voir ce spectacle prendre vie car il y a aussi un casting extraordinaire. Bastien Jacquemart joue un fantôme absolument magnifique et il y a d’autres noms bien connus de la comédie musicale comme Ana Ka et Fabian Richard. 

C’est une troupe qui est à l’unisson. Tout à l’heure encore, Fabien venait me demander s’il pouvait modifier une phrase ou deux. On est vraiment dans un travail de co-construction, ce qui est passionnant pour moi qui suis là auprès d’eux. On est tous réunis pour que le spectacle se monte et, ça approche maintenant, c’est dans pas longtemps ! 

On est vraiment dans un travail de co-construction, ce qui est passionnant pour moi qui suis là auprès d’eux.”

C’est assez surprenant que le public visé au départ était un public jeune, quand on connaît la noirceur de l’histoire. Quel a été le point de départ de cette réécriture ? 

J’adore accepter les contraintes et là, il y en avait de fait puisqu’il était question de jouer au théâtre Antoine à 19h. On savait qu’on ne pourrait pas dépasser 1h20. Et résumer Le Fantôme de l’Opéra en 1h20, c’est un défi ! Il a fallu faire des choix et j’en ai fait. Mais souvent, de la contrainte, naît paradoxalement une forme de liberté créative. J’ai donc intégré ces contraintes, en laissant parler mon cœur.

Et c’est vrai qu’aujourd’hui, c’est un spectacle tout public, dans lequel nous n’avons pas effacé la noirceur et la dureté. Nous avons même les thèmes éternels de la beauté, de l’amour, de la laideur, de l’ombre, de la lumière,.. Il y a aussi cette forme d’emprise que ce fantôme a sur cette jeune chanteuse, ce qui nous ramène à des thèmes sociétaux très actuels. Les derniers mots de la pièce prononcés par Christine avant la dernière chanson du Fantôme, c’est un message de liberté et d’affirmation de soi. 

Ce sont des thèmes qui me sont chers, que j’ai déjà défendus dans La Machine de Turing. Et bien que l’on soit dans un contexte et une histoire très différents, je trouve que, dans des temps troublés, c’est très beau de porter de tels messages à travers des spectacles. On ne veut pas faire la morale aux gens, on ne veut pas leur dire ce qu’ils doivent penser, mais on choisit simplement les émotions que l’on veut créer. On a envie de les faire rire, de les émouvoir et aussi de les faire réfléchir au propos du Fantôme de l’Opéra

C’est donc un Fantôme plus moderne ? 

Oui et non. Ça a été une grande réflexion pour moi au tout début, avant même que je commence l’écriture du livret. J’avais plusieurs pistes, notamment la possibilité de transposer l’histoire de nos jours. Ça aurait pu se passer pendant un escape game, comme celui qu’il y a actuellement à l’Opéra Garnier. Mais finalement, on a tranché et nous revoilà dans l’époque classique. Nous sommes donc en 1897, lors d’une représentation d’un nouvel opéra à l’Opéra Garnier. Ça nous permet aussi de faire croire à cette histoire et de ne pas la décaler car on a envie que les gens rentrent dans cette histoire avec leur âme d’enfant. 

C’est peut-être ça qui est resté de l’idée originale de Marc et Domitille : c’est un spectacle qui parle à notre âme d’enfant, au fait que certaines petites filles rêvent d’être cantatrices par exemple. Le fait d’être resté en 1897 nous permet aussi de laisser l’œuvre dans sa plénitude. Avec Julien Alluguette, à la mise en scène, on a voulu, tout en respectant les codes de l’époque, les twister en apportant, dans la scénographie et les costumes, une forme de modernité, que l’on peut aussi retrouver dans la musique. Il y a deux morceaux qui sont très mélodiques, voire opératiques, avec l’extrait de Don Juan Triomphant, mais il y a aussi des chansons plus modernes avec l’arrivée d’instruments contemporains. Tout ça crée une vraie harmonie. 

Avec cette version, il y avait volonté de se réapproprier cette histoire française qui se déroule en France ? 

Il y a quand même un immense paradoxe dans tout ça : le spectacle admirable d’Andrew Lloyd Webber a voyagé dans le monde entier, c’est un des plus grands succès de Broadway, mais il n’a jamais joué à Paris. Alors il y a bien eu une tentative à Mogador, mais il y a eu quelques soucis… (un incendie a ravagé la scène et les décors trois semaines avant la première, ndlr). 

Et pour la petite histoire, Bastien Jacquemart avait été casté pour jouer Raoul à Mogador. Ça ne s’est pas fait et c’était une grande déception, mais aujourd’hui il se retrouve à jouer notre Fantôme dans notre version ! Moi-même, j’ai joué Raoul dans une adaptation théâtrale du Fantôme. Il y a comme une espèce de passage de témoin qui est incroyable et j’ai le sentiment, si ce fantôme existe et hante toujours l’Opéra, qu’il a regardé notre projet avec une certaine douceur et qu’il a, pour l’instant, décidé de ne pas nous faire de soucis (rires). 

L’épisode Mogador est très malheureux mais aussi très ironique compte tenu du thème !

Oui ! En tout cas, pour l’instant, il y a beaucoup de bienveillance autour de projet et aussi, une attente immense du public. Il est très enthousiaste et nous, on doit être à la hauteur ! Les réservations sont incroyables et nous mettons tout notre cœur et notre savoir-faire pour raconter cette histoire au mieux. J’espère que l’on séduira le public et que l’on pourra le faire rire et pleurer ! 

C’est ce que j’aime retrouver dans les spectacles, de l’émotion et de la réflexion, et il en porte beaucoup. Les chansons de Marc Demais aussi nous transpercent d’émotion et pour ceux qui ont déjà entendu quelques extraits, nous avons eu beaucoup de retours qui nous ont dit « wow, ça va être dingue ! ». 

Le Fantôme de l’Opéra est bien connu des fans de comédies musicales. À quoi peuvent-ils s’attendre dans cette version française ? 

Déjà, ça n’a rien à voir avec la version Broadway ! Notre troupe comporte 7 artistes et non 40 et je suis vraiment reparti du roman. Ils vont évidemment retrouver les basiques de l’histoire avec le trio amoureux Raoul, Christine et le Fantôme, interprétés par Louis Buisset, Maélie Zaffran et Bastien Jacquemart; mais j’ai aussi mis en avant deux très grands personnages du roman, cette fameuse diva, La Carlotta, jouée par Ana Ka , et le directeur de l’opéra, M. Firmin, joué par Fabian Richard. Ils ont vraiment un grand rôle à jouer dans mon adaptation comme le double personnage joué par Victor Marichal : Gabriel, un personnage que j’ai inventé qui est un ami de Christine et Le Persan, qui est celui qui a sauvé Erik de la noyade. Il est là comme une présence, comme un lien. Enfin, Madame Giry, interprétée par Catherine Arondel. Ces personnages, c’est un peu la famille du Fantôme. Avec ces sept personnages, j’ai essayé de retrouver tous les marqueurs des rôles. 

Et évidemment, on retrouvera les scènes iconiques comme le repaire du fantôme dans la grotte où le Fantôme enlève Christine avec ce lac, qui existe d’ailleurs vraiment sous l’Opéra Garnier et, bien sûr, la chute du lustre. C’est un point sur lequel nous avons beaucoup réfléchi car malheureusement, pour ceux qui s’attendent à ce qu’un lustre leur tombe sur la tête, ce n’était pas réalisable au Théâtre Antoine (rires). Mais la chute du lustre sera tout de même là, je laisse le public découvrir comment… 

Finalement, l’essentiel de l’histoire, c’est ce rapport à la musique, à cet homme défiguré qui apparaît comme quelqu’un qui se cache, qui est blessé et qui va être amené à avoir une vraie violence. Il est aussi en mal d’amour et l’ADN du Fantôme de l’Opéra, c’est ça ! C’est une histoire magnifique qui se rapproche de Cyrano de Bergerac, du Bossu de Notre Dame, ces personnages envers qui le public a une immense affection. Quand Christine part avec Raoul à la fin de l’histoire, j’ai vraiment voulu montrer qu’elle coupe sans doute son cœur en deux. Elle fait un choix, elle choisit la lumière et la sécurité en abandonnant la part d’ombre. Quand elle laisse le fantôme seul, je crois vraiment que tout le monde pleure parce qu’on a pitié de lui, malgré toute la noirceur qu’il peut avoir. Ce paradoxe-là me questionne vraiment et c’est très beau. Je pense qu’à la fin du spectacle, on va être très ému. 

Le Fantôme est nommé dans cette version. On l’appelle par son prénom, Erik. Est-ce qu’il y avait volonté de lui donner un côté plus humain ? 

Absolument ! D’ailleurs, je pense que notre fantôme est plus proche de la version du roman que de celle de Lloyd-Webber. À Broadway, il n’a pas d’identité et il est aussi un magicien, parfois même on se demande s’il n’a pas des pouvoirs. Ici, on raconte l’origine du fantôme, on dit d’où il vient et comment il s’appelle. Je n’ai rien inventé, tout est dans le roman !

On a vu avec Les Misérables au Théâtre du Châtelet que les histoires françaises avaient encore leur place sur les scènes françaises. D’après toi, qu’est-ce qui te plaît dans ces histoires? 

Je ne pense pas qu’il y ait un sentiment chauvin de « c’est français, c’est à nous ! ». C’est une histoire française, c’est un fait, sa grandeur et sa beauté font qu’elle est universelle et c’est d’ailleurs pour ça que les Américains s’en sont emparés. Les grands sentiments qui traversent le Fantôme de l’Opéra, l’amour, la résilience, le choix, la sécurité, le risque… Toutes ces choses très fortes sont universelles. Évidemment, ça se passe à Paris et il y a l’esprit de Paris, dont on parle dans quelques chansons, mais on ne se dit pas « enfin, on fait notre bon fantôme bien franchouillard ! »

D’ailleurs, puisqu’il y a véritablement ce lac sous l’opéra Garnier, il y a vraiment un squelette qui a été retrouvé lors des travaux. C’est comme ça que débute le roman de Gaston Leroux et à partir de là que sont nées les légendes, appuyées sur des faits réels. Il y a par exemple un événement, l’incendie du Bazar de la Charité, auquel cet homme pourrait être lié. Ou encore, une chanteuse aurait pris feu à cause de son costume et son amoureux se serait précipité sur elle pour la sauver, se brûlant lui-même. Il aurait alors dévalé les escaliers avant de trouver par hasard le lac dans lequel il se serait ensuite noyé. 

Il y a plein d’histoires qui font dire que peut-être il y aurait une part de vraie. Le Fantôme est une invention de Gaston Leroux, mais beaucoup de personnes continuent de toquer à la loge n°5, réservée au fantôme, à l’Opéra Garnier et ressentent une espèce de vibration. Ce fantôme hante vraiment cet opéra par son mythe ou par sa supposée présence. Il a une existence dans nos cœurs et notre imaginaire, ça suffit pour y croire ! 

Il y a encore de nombreuses histoires à raconter autour du Fantôme et de ce lieu mystique ! 

Tout à fait ! J’ai vraiment appuyé mon adaptation sur le réel : nous sommes un soir de première, alors nous retrouvons toute la fébrilité d’un soir de première. On a Firmin, qui s’est attribué cette pièce, et qui est tiraillé entre l’envie de voir son œuvre être un triomphe et la peur que le fantôme intervienne et le démasque. Il y a deux grandes thématiques qui traversent le récit, celles de l’ombre et de la lumière et celles du masque. Ce fantôme masque sa laideur sous un masque, mais finalement, est-ce que le masque d’ambition et le masque de sourire qu’affiche le directeur de l’opéra ne sont pas finalement des masques qui révèlent plus de laideur qu’autre chose. Et le masque que porte le fantôme, une fois qu’il le retire, certes montre une disgrâce physique mais révèle une forme de beauté et de pureté. La question de « qui est vraiment masqué ? » invite le spectateur à se dire « chaque personnage a dû se révéler et moi, est-ce que je ne porte pas un masque ? »

Ce fantôme hante vraiment cet opéra par son mythe ou par sa supposée présence. Il a une existence dans nos cœurs et notre imaginaire, ça suffit pour y croire !” 

Tu es auteur, mais aussi comédien de théâtre. L’un nourrit-il l’autre ? 

Oh oui, tout à fait ! Je dis souvent que je suis un comédien qui écrit, et quand j’écris, j’écris des partitions pour des acteurs. Je pense toujours à la scène, à la faisabilité des choses. Typiquement, pour Le Fantôme, je connaissais les contraintes et j’ai écrit en les respectant. Mais souvent, ça me permettait aussi de trouver quelque chose de plus beau, comme nous l’avons dit tout à l’heure. 

Malheureusement je ne jouerais pas dans Le Fantôme de l’Opéra car je ne chante pas assez bien, (rires), mais je me suis projeté dans chacun de ces personnages. J’avais envie que chaque personnage ait quelque chose à défendre. Aujourd’hui, je suis au côté de toute l’équipe de création, costume, lumière, metteur en scène, pour réagir à toute demande d’amélioration du texte. Et puis aussi, pour expliquer aux comédiens comment j’ai imaginé les personnages, dans quelle situation ils se trouvent et leurs enjeux. C’est très agréable car on travaille tous ensemble et je n’aime pas être simplement un auteur qui livre un texte et qui s’en va. Le texte est vivant, il y a toujours des idées qui surgissent et je suis là pour les accompagner là-dessus. 

En parallèle, je suis quand même acteur dans Killer Joe, un autre spectacle que je joue dans quelques jours et La Machine de Turing continue sa course, donc les nuits sont courtes ! (rires). 

Killer Joe est un tout autre registre que La Machine de Turing ou Le Fantôme de l’Opéra. Qu’est-ce qui t’a attiré dans cette pièce ? 

D’abord, l’audace de la productrice Fanny Jourdan et de l’adaptateur Patrice Costa de monter au théâtre privé une pièce américaine inédite en France et de me confier, après avoir joué pendant 8 ans et 1300 représentations, un savant autiste, gay et génial, un rôle de flic texan et psychopathe (rires). C’est un défi d’acteur extrêmement amusant. Quand on m’a proposé le rôle, je n’ai pas hésité une seconde parce que je trouve que c’est toujours passionnant d’aller explorer de nouveaux territoires. C’est presque vertigineux de quitter Turing pour revêtir la veste en cuir de Killer Joe et de me plonger dans une psychologie quasiment inversée. Chaque rôle nourrit l’autre. Même si l’on passe d’un rôle de victime à un rôle de bourreau, le fait d’avoir joué la victime va teinter le bourreau. C’est très intéressant et c’est ce qui fait qu’après tant d’années, je suis la somme de tous ces rôles-là. Même le Fantôme, je l’ai adapté et il est aussi un peu dans ma galerie de création. 

C’est plaisant de passer d’un genre à l’autre ? 

C’est très enrichissant et je déteste les cases. J’adore les remplir car je suis très méticuleux, mais je déteste ça (rires). C’est une petite tendance française de vouloir rester dans un type de rôle ou dans un style, mais moi je suis très heureux de passer du théâtre public au théâtre privé. On vient de créer Killer Joe au théâtre public à Antibes, et on va le jouer au privé. J’adore passer du méchant au gentil, du jeu à l’écriture… Justement, pour l’après, je suis déjà en train de me demander ce que je n’avais encore jamais fait et j’ai réalisé que je n’avais jamais joué seul sur scène. Je me suis dit qu’à cela ne tienne, pour 2027, je vais préparer un texte que je vais jouer seul en scène. 

Je ne compte pas mes heures car c’est au théâtre que je suis le plus heureux.”

Est-ce qu’on peut te considérer comme un hyperactif du spectacle ? 

Ah oui ! (rires). C’est ma passion, je vis pour ça. Je ne compte pas mes heures car c’est là que je suis le plus heureux. Quand je joue au théâtre, j’arrive très tôt car c’est là que je me sens le mieux. Il se trouve qu’en plus je suis célibataire en ce moment, donc personne ne me reproche de ne pas être présent. Je ne suis pas marié avec le théâtre, mais un peu quand même ! (rire). 

Travailler avec des personnes très différentes doit aussi t’apporter beaucoup. 

Énormément. Le théâtre est fait de rencontres, avec des personnages, des corps de métiers différents, des artistes… Sur Le Fantôme de l’Opéra, j’en connaissais quelques-uns comme Fabian et Bastien, mais j’ai découvert d’autres personnalités fantastiques ! Je retrouve Julien Alluguette qui est un très bon ami. Chaque spectacle provoque des rencontres et des moments fabuleux et même s’il y a des moments de doute et de réflexion, c’est passionnant et c’est toujours fait dans l’intérêt du spectacle. 

Run-through : 

Le premier spectacle qui t’a tapé dans l’œil ? 

Quand j’étais adolescent, j’ai vu une pièce au théâtre la Bruyère qui s’appelait Temps Contre Temps, avec Laurent Terzieff. C’est un spectacle qui a fait partie des choses qui ont forgé mon désir de devenir comédien. 

Un héros de littérature française qui t’inspire ? 

Cyrano de Bergerac. C’est sûrement le plus grand rôle du répertoire français. J’ai eu la chance de le jouer il y a quelques années au théâtre 14 et c’est la pièce parfaite. La force et la puissance de cette œuvre et de ce rôle sur le public, je n’ai jamais vu ça ailleurs. 

Une histoire que tu aimerais raconter sur scène ? 

Sans trop en révéler, celle qui va arriver. Dans les temps qui sont les nôtres, de discorde et de guerre, où beaucoup de gens se dressent les uns contre les autres au lieu de se parler, le thème de mon seul en scène sera le pardon. Je trouve que c’est quelque chose de très beau. J’ai trouvé une intrigue, basée sur un fait historique qui remonte à une trentaine d’années, dans laquelle un homme a tiré sur un autre et la personne qui a survécu est venue lui pardonner. Je trouve que le fait de se parler est peut-être ce qu’il manque dans le monde d’aujourd’hui. 

Un secret que tu peux nous dévoiler sur ta version du Fantôme de l’Opéra

J’ai écrit mon adaptation du Fantôme de l’Opéra non pas dans un café avec vue sur l’Opéra, mais sur un bateau au Vietnam (rires). J’étais en Asie pour jouer Turing en hiver dernier et j’ai écrit cette version très loin de Paris, au cœur de la baie d’Along. Ce n’est pas commun ! 

Le Fantôme de l’Opéra au théâtre Antoine à partir du 22 octobre. 

Avec Maélie Zaffran, Ana Ka, Bastien Jacquemart, Louis Buisset, Catherine Arondel, Victor Marichal et Fabian Richard.

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